
Tellement longtemps que je ne suis pas venue papoter ici! Tout s’est tellement enchaîné rapidement avec mon nouveau travail et le confinement que je n’ai pas vu le temps passer et que je n’ai pas trouver le moment de venir écrire quelques lignes. Aujourd’hui, je prends le temps. J’en ai envie. J’en ai besoin.
Emportée par le tourbillon de la vie, peut-être pas encore bien organisée pour gérer l’école à la maison de trois enfants d’âges différents et mon activité, j’avoue que j’ai commencé à me noyer un peu! Il a fallu se recentrer et revoir mon organisation, faire un court break sans perdre de vue mon objectif. Relâcher pendant quelques heures la pression, pour savourer pleinement ces moments avec eux.
Je ne sais pas faire les choses à moitié. Je m’investis pleinement dans ce que j’entreprends. Je n’aime pas l’échec, je fais en sorte de ne jamais me trouver dans cette situation. Mais je me suis mise une pression monstre, que ce soit pour le travail scolaire de mes enfants ou mon job.
Louka a toujours été un bon élève. Quasi systématiquement en classe de double niveau, il a toujours été tiré vers le haut. Il a su lire avant d’entrer au CP, n’a jamais eu de difficultés avec les maths, adore l’histoire et la géo, les sciences l’intéressent également, bref mis à part l’art plastique, tout va bien pour lui. Alors lorsqu’il a fallu jouer à la maîtresse d’école, grosse pression sur mes épaules. Je n’avais absolument pas envie de lui faire prendre du retard ou de mal lui expliquer les leçons. Etre pédagogue est une qualité qui n’est pas donnée à tout le monde …
En ce qui concerne Milan, grosse pression aussi. Assez rapidement je me suis dit: » ohlala comment je vais faire? » Il va avoir une coupure de 6 mois d’école, l’année prochaine c’est la grande section! Louka était déjà le nez dans les bouquins à ce stade et tentait de déchiffrer ce qu’il voyait. Il connaissait parfaitement son alphabet, et dans mes souvenirs, en moyenne section il avait abordé les lettres scripts! Mais là, Milan ne maîtrise pas encore les majuscules! Il a une fâcheuse tendance à confondre le A et le L (qui sont pourtant deux lettres de son prénom) donc j’ai pris peur. Je ne voulais vraiment pas qu’il prenne du retard. Milan est de fin d’année donc il a quasiment un an d’écart avec certains de ses camarades de classe et la différence se fait sentir sur plein de petites choses. On ne doit pas comparer les enfants, j’en ai conscience, mais on a beau dire, c’est plus fort que nous, ça nous permet de nous situer!
Et dans tous ça, il y a aussi le petit dernier, Viktor, qui a fêté son deuxième anniversaire confiné (tout comme les 8 ans de Louka d’ailleurs). Ce petit bonhomme n’est visiblement pas encore prêt à se débarrasser de ses couches… J’essaye de l’accompagner au mieux, comme je l’avais fait pour ses frères. Clairement, on a tenté plusieurs options: ne rien lui dire, lui proposer le pot, le mettre systématiquement, le brusquer parfois. Moi, je n’ai pas honte de le dire, mais les couches pleine de caca, j’en ai ras le bol. Rien de méchant là-dedans, n’allez pas croire que je n’assume pas mon enfant. J’en entend déjà crier au scandale! Inutile, c’est juste qu’au bout de 8 ans de couches je dois avoir ma « dose » tout simplement. Cela dit, rassurez-vous, je continue de prendre soin de lui, de lui changer sa couche ! J’aimerai simplement qu’il ait le déclic rapidement! ça viendra un jour c’est évident, mais en attendant, ça aussi ça pompe de l’énergie!
D’autant plus, que la vie de Viktor ne se résume pas à ça évidemment. Il fallait que je continue de lui proposer des activités d’éveil, de motricité, de la lecture etc et ce petit monsieur a un caractère plutôt bien trempé!
Pourtant, les débuts étaient prometteurs, je préparais moi-même les devoirs des enfants, alors certes ça me prenait du temps de trouver tous les supports pour les faire travailler mais l’organisation était vraiment bonne. Puis, les instits ont commencé à nous transmettre les devoirs par mail. Louka étudiait via le CNED et avait trois tonnes de feuilles à imprimer… beaucoup de travail fastidieux (notamment recopier les énoncés avant d’y répondre), travailler un coup sur documents papier puis sur documents numériques (je passais du temps à chercher le bon fichier), bref on s’est un peu découragé à ce moment là.
Pour Milan, ses professeurs nous transmettaient des idées d’activités à faire chaque semaine. Je m’en inspirais, au début de manière très assidue ( je leur transmettais chaque jour des photos et mes commentaires sur les activités réalisées) mais malgré ma bonne volonté de vouloir tout faire et bien faire, j’ai du relâcher un peu aussi à ce niveau là car clairement, je n’avais pas le temps.
J’ai aussi du laisser Viktor de côté, ne lui proposant plus qu’un simple dessin pendant que j’étais affairée avec ses frères. Il est plutôt autonome, aime jouer tout seul avec des personnages et s’inventer des histoires donc il n’en a à priori pas souffert. Malgré tout, le laisser seul me fait culpabiliser.
Je vous l’ai dis, je n’aime pas l’échec et je prends les choses très à cœur. Je vais tout autant me réjouir de la réussite des uns comme me faire un sang d’encre pour ceux qui échouent.
J’essaye d’être au maximum disponible pour mes équipes. Je gère plusieurs mamans qui ont choisi de me rejoindre dans mon activité. Mais, nous n’avons pas toutes le même rythme de vie ni les mêmes horaires de travail puisque chacun est libre de travailler comme bon lui semble. De ce fait, il faut une large amplitude horaire pour contenter tout le monde! Mais ça encore, c’est une pression supplémentaire que je m’afflige toute seule! Vouloir bien faire. Etre présente, comme je le leur ai promis. Certaines sont très autonomes, appliquent parfaitement les conseils qu’on leur donne et réussissent et d’autres pour qui il faut être plus présente et pour qui c’est un peu plus compliqué donc ça me prend un peu de temps. Ca fait partie du job et c’est super de se sentir utile mais ce qu’il faut que vous sachiez, c’est qu’à la base je me suis lancée dans cette activité pour compenser la fin de mon congé parental (enfin surtout le revenu qui allait avec), donc en gros, je partais pour aller chercher 400€. J’ai intégrer la société le 2 février. Aujourd’hui, 4 mois et demi après, j’ai passé 3 positions et j’approche de celle qui va me faire gagner un vrai salaire par mois. Pression supplémentaire. J’ai envie d’y arriver et je vais y arriver mais pas à n’importe quel prix, pas en oubliant pourquoi j’ai pris cette décision: pouvoir rester auprès de mes enfants et mon chéri.
Je vais donc revoir mon organisation, m’accorder, nous accorder plus de temps off comme je l’ai fait aujourd’hui. Décrocher le temps d’une journée pour pouvoir revenir reboostée à bloc pour entamer une nouvelle semaine. Car ce job est tellement dingue, tellement enrichissant sur le point de vue personnel et financier que je ne compte absolument pas le lâcher!
Et puis, il semblerait que notre cher président ait décidé de rebousculer notre routine visiblement! Mes loulous vont devoir retourner à l’école. On n’a plus le choix. Je me réjouis pour eux qu’ils puissent retrouver leurs amis et leurs instits, mais est-ce vraiment nécessaire pour seulement deux semaines? On n’est pas encore totalement déconfinés dans nos têtes! On n’a pas mis un pied dans les magasins (hormis le drive mais ça compte pas vraiment!).
Ce qui est sûr c’est que je vais avoir plus de temps pour Viktor, plus de temps pour mon boulot et que j’en profiterai pour faire du grand ménage parce que ça aussi j’ai du mal à le caser dans le planning ces derniers temps!

A bientôt, ici ou ailleurs!
Harmo